Il a été question ces derniers temps de supprimer ou du moins de remettre en question les notes à l'école primaire. Je n'ai jamais enseigné ni assisté pendant ma formation à des cours à ce niveau (alors qu'en IUFM j'ai passé une journée en maternelle pour un stage d'observation et j'y ai beaucoup appris) donc je me garderai de tout jugement sur ce point précis...
Il n'empêche, et c'est peut-être un maronnier comme le disent les journalistes de tout sujet remis périodiquement sur le tapis, les problèmes liés aux notes pour évaluer les élèves méritent d'être abordés dans une perspective plus large, particulièrement aujourd'hui où les chiffres et les ordinateurs qui les stockent et les traitent sont partout et les cerveaux humains pour les interpréter, comparer et critiquer les modèles qui leur donnent sens à peu près nulle part.
Le sujet des notes à l'école est vaste, une science s'y attelle : la docimologie (*), elle donne du grain à moudre au débat. Il sera long car toutes les têtes sont déformées par l'importance disproportionnée attribuée aux notes: et plus encore celles des élèves et des parents que des professeurs!
Les mathématiques et les nombres sont universels: cette qualité dont ils jouissent nous joue un très mauvais tour à nous enseignants. C'est que nos parents d'élèves ne comprennent pas toujours, et c'est un euphémisme, les subtilités de la "langue des appréciations" que nous employons sur les copies ou bulletins scolaires de sorte qu'ils se rabattent le plus souvent sur les notes pour comprendre l'évolution scolaire de leurs chers têtes blondes.
Par ailleurs je pense aussi que ce sont les professeurs de lettre et de philosophie qui ont le plus à pâtir de cette nécessité d'évaluer par des notes car ils emploient plus ou moins consciemment il me semble une échelle de notes qui n'est pas linéaire mais plutôt exponentielle. Dit un peu plus simplement et en forçant à peine le trait : l'intervalle entre le dix et le vingt de leur échelle est souvent celui qu'il y a entre les mesures dix et cent voir un et l'infini pour certains. Je pense que la revalorisation des filières littéraires gagnerait infiniment à se débarasser des nombres pour les évaluations : elles prouveraient ainsi la revalorisation de la langue argumentaire justement. En disant cela je me place bien sûr à mi-chemin entre l'uchronie et l'utopie mais à quelle distance du futur? L'avenir le dira.
Note: (*) http://www.PedagoPsy.eu/docimologie.htm
Remarque : la première partie du titre est une double référence à un film (j'ai un goût immodéré pour le cinéma) et à la civilisation américaine qui est à ma connaissance celle qui a poussé le plus loin le culte du quantitatif: la crise économique actuelle en est le plus grâve symptôme je pense.
La seconde partie du titre reprend une formule un peu facile aussi ai-je volontairement souligné l'erreur d'orthographe par l'utilisation de majuscules. De plus cette formule pourrait faire croire que le texte qui suit incrimine la docimologie or il n'en est rien, c'est même tout le contraire comme on peut le voir dans le corps du billet. Par ailleurs l'identification du " nous " du titre est laissée à la libre interprétation du lecteur...
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