dimanche 21 novembre 2010

Réforme impossible, Révolution improbable

Faire grève est assez peu dans mes habitudes. Pourquoi me demande une collègue et amie? Voici une tentative de réponse très subjective.
Dans la grande geste familiale que me racontait petit mon père lors de longs trajets nocturnes automobiles il était parfois question de ce qu'il avait vu et vécu lors de ce fameux "joli mois de Mai" alors qu'il était encore étudiant en médecine dans une grande ville (d'une lointaine province orientale mais se réclamant de France)...Je me souviens: d'un grand drapeau noir flottant sur le palais de l'université tout près du centre-ville, d'un clochard placé en tête d'un cortège estudiantin, première victime des coups de matraques des CRS car trop aviné pour les avoir vu charger, celui-la même qui dormait autrefois dehors sous l'escalier du grand amphitéâtre et qui couchait maintenant au chaud dans la faculté occupée...et mille autres choses encore. Il me raconte cela pour me mettre en garde pensais-je alors. Même s'il ne regrettait pas d'avoir pris part aux évènements de 68 il gardait un sentiment d'amertume face à tous les défauts de la nature humaine qu'il avait pu voir se manifester dans cette occasion.
Aujourd'hui j'observe parfois, avec les yeux de mon père sûrement, des comportements qui m'empêchent de faire front avec des collègues lorsqu'ils nous appellent à la grève, lorsqu'ils se heurtent à la majorité silencieuse qui n'a pas été bercée au souvenir des grandes victoires sociales parfois remportées grâce à ce noble moyen d'expression, cette liberté fondamentale du citoyen français : le droit de grêve (http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/approfondissements/droit-greve.html)...(à suivre?)






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